L’Atlantique en direct avant le GGR
La navigatrice norvégienne Helga Marie Løvenskiold Kveseth, plus connue sous le surnom de « Mara », s’est lancée dans un défi monumental : participer à la Golden Globe Race (GGR) 2026. Actuellement en pleine traversée océanique, la navigatrice de 35 ans partage son quotidien en direct avec sa communauté. Cette démarche met en lumière le contraste saisissant entre sa préparation ultra-connectée et l’isolement absolu qui l’attend lors de la compétition officielle.
Le paradoxe technologique : du live stream au sextant
Ce qui rend le projet de Mara particulièrement captivant, c’est l’opposition radicale entre ses deux réalités. Aujourd’hui, elle utilise activement les réseaux sociaux (YouTube, Instagram, TikTok) pour diffuser sa navigation en temps réel. Elle y partage ses manœuvres, ses doutes et la beauté brute du grand large, créant un lien direct avec des milliers de passionnés.
Cependant, le 6 septembre 2026, au départ des Sables-d’Olonne, les règles changeront drastiquement. La Golden Globe Race est une course autour du monde en solitaire, sans escale et sans aucune assistance technologique moderne. Mara devra abandonner son smartphone, son GPS et ses routeurs météo pour naviguer à l’ancienne, uniquement équipée d’un sextant, de cartes papier, d’un compas et d’une radio BLU, exactement comme les pionniers de l’édition originale de 1968. Elle s’apprête ainsi à passer d’une hyper-connexion quotidienne à près de neuf mois de silence numérique.
La course aux milles qualificatifs
Cette traversée n’est pas une simple aventure médiatique : elle est indispensable à son processus de qualification. Pour s’aligner sur la ligne de départ de la GGR, chaque skipper doit prouver une endurance et une maîtrise technique hors normes. Le règlement exige d’accumuler un minimum de 8 000 milles nautiques au large, dont 2 000 milles en solitaire, plus 4 000 milles supplémentaires effectués spécifiquement sur le bateau officiel de la course (dans son cas, un solide Saltram Saga 36).
Le live stream sert donc un double objectif : documenter son expérience maritime pour valider ses acquis tout en développant la notoriété nécessaire pour boucler le financement de ce projet extrême.

Credit : GGR
Dans le sillage d’une victoire historique
Ancienne sportive de haut niveau, Helga Marie Løvenskiold Kveseth évolue dans un contexte fort. Lors de la dernière édition de la GGR, la Sud-Africaine Kirsten Neuschäfer a marqué l’histoire en devenant la première femme à remporter une course autour du monde en solitaire. Pour l’édition 2026, Mara sera l’une des très rares femmes au départ, prête à se mesurer à l’une des épreuves les plus lentes, longues et psychologiquement exigeantes du monde de la voile.




